L’Imaginaire

Lyrics
Dans le cr�puscule jaloux de l'ordinateur fid�le, sous les mains programmatrices du beau temps, quandlesservices m�t�onucl�aires aurontd�cid� qu'il fera beau demain, parceque demain le pouvoir mettra son chapeau de travers, parce qu'il aura besoin de certaines assurances du c�t� des amibes ou du c�t� des exhalaisons sud- am�ricaines, ou du c�t� de ses d�pendances sexuelles ou financi�r5s ce qui reviendra au m�m5 , sous les mains programmatrices aussi du mauvais temps ou du temps gris, ou du temps maussade tout cela �tant absolument pr�visible et pr�vu de toute �ternit� de bande perfor�e , alors, ce cr�puscule prendra le temps d'en faire � sa fantaisie et, d'accord avec le soleil, avec le vent, avec les rafales ou le silence objectif arrivant des galaxies perdues pas pour tout le monde et des galaxies pr�sentes au bar de l'insouciance ou de la d�raison enfin venue comme de l'an dix mille... Alors, ce cr�puscule renversera l'admis et le conforme, et le comique grandiose fera se remanger entre les mill�naires de conneries morales et abjectes, la moralit� abjecte, bien entendu Alors ? Alors ? Les chats dessin�s sur les bandes t�l�vis�es prendront leur ombre pour la proie Les fleurs des champs s'en iront prendre un verre de sollicitude chez Interflora Les camions d�faits sur la route s'appelleront et se videront de leur incomp�tence � vouloir quand m�me l'illusion Les coqs du matin feront la sieste le matin et laisseront crever les pr�tentions hormonales et �conomiquement inconsistantes Les ch�nes seront toujours savants mais le diront et monteront en chaire dans les for�ts frileuses et attentives Les papiers perdus ne le seront pas pour eux-m�mes et se reliront entre eux en faisant des remarques grammaticales aux imb�ciles qui les auront investis Les ordures ne seront pas qu'obsc�nes elles imagineront positivement la puret� �vang�lique et se marreront tranquillement Les cendriers vides se videront � leur tour des obstacles canc�rig�nes et appris dans les publicit�s ignobles et d�mod�es Le cheval absent du fiacre de mon grand-p�re fera savoir qu'il est devenu un oracle du sabot et du bon temps Le t�l�scripteur se videra des formules chiffr�es et s'inventera des d�coctions shakespeariennes qui feront se retourner Pompidou dans sa tombe et dans les toilettes �videntes qu'il avait invent�es avant de partir du c�t� du silence admis et v�n�r�, toilettes qu'il avait d�sign�es aux doigts vengeurs de la culture-sic Les catastrophes participeront d'un terrorisme intelligent et s'en prenant uniquement aux chefs quels qu'ils soient et de pr�f�rence des �tats d�sormais vacants Les b�n�dictins sortiront de leurs b�n�dicit�s en gueulant fort des complaintes qu'on se tapait nous autres aux confins de l'odeur du sexe, de la vigne et du d�couragement, dans les discoth�ques fortuites et cadenc�es. C'est assez dire, � la fin, de ce rock t' fair' voir chez reggae si j'y suis ! L'�pouvantail ne sera plus de mise. On t'�pouvantera avec l'orgueil des gens de leur race, cette race qui n'en finit plus de se mouiller sous les encres fatidiques des imprimeries d�mod�es et pourtant pr�sentes... Marre ! Marre ! Marre ! Le journal sera un petit malfaisant dans les arbres de ta destin�e chacun ayant son arbre, son code des incompris, du qu'en- diront-ils, du t'en fais pas minette, je te la ferai en douce et en sextant, des fois que ton navire, au port, mouillera tranquillement sous mon objet fid�le et conquis L'�ph�m�re se comptera pour le plaisir : trois secondes et je t'emmanche sous l'Sil du bananier de service, l�-bas dans les Afriques souterraines et complices, avec du noir aux yeux F�d�ral ! bien s�r, et je t'accorderai avec ma guitare, le son propre, tout � fait dans le microprocesseur de ma fantaisie et de mon courage � t'immoler quand m�me dans ces U.S.A. d�mod�s et multiples autant par la farce que par la p�te. Eh oui ! f�d�ral ! depuis la cellule anar jusqu'au tremblement des r�gurgitations staliniennes et productrices d'int�r�ts majeurs, quelle foutaise ! Quelle foutaise ! La ouate se prendra � jeun, le soir, apr�s le ramadam et pardi ! mon copain de toujours, tu te la mettras au fond de ta gouge, bien huil�e des principes gestuels, surtout quand la fille est �cart�e comme un drapeau sous le vent, quand elle est fagot�e, figur�e, cynique aussi... � la rivi�re alors qui s'en ira vers ses d�sirs perdus puis r�invent�s par le silence du temps toujours arr�t� malgr� le quartz de sa montre... Et puis vers l'autre aussi qui d�gouline � la radio des conneries pay�es et irr�versibles... Et les cl�tures ? Dis donc, les cl�tures et leurs images refl�t�es dans les magazines up to date, dans les cachots de ces mecs qui transitent l� pour vingt ans ou pour quoi ? Le cocktail Molotov ? Il se boira de pr�f�rence � jeun aussi et avec une fille dans le t�n�breux, celui qu'on ne montre jamais... � moins que, s'en servant, on puisse imaginer le cinoche provoqu�, et on le provoquera ce cinoche, parole ! L'angoisse se parlera avec des paroles nouvelles et venues des magasines surpris, ces magasines psychia'horreur o� s'entassaient depuis des lustres le style et le phras� de ces d�riv�s de l'autrichienne Freud'sexy Le copyright se mettra partout, surtout dans les yeux des passants et on pourra les �diter sans probl�me... Copyright 2000 tous droits de repro autoris�s y compris les pays fabuleux, les fables nouvelles and co and co and co. Je te tiens bien en vue mon petit ! Et quant aux yeux introvers�s, ils n'auront plus de larmes... On les aura � l'Sil, aussi ! Le philat�liste se fera timbrer chez lui, et les timbres, alors, joueront au poker d'as avec des croupiers dans les oreilles ; comme �a, au moins, ils sauront comment se faire tamponner le tirage correctement ! La photographie sera l'�ternelle complainte du sourire, des l�vres constell�es, des orages soumis au mieux des int�r�ts du zoom de service � l'hebdomadaire du d�dain et de la frime enfin conquis Le Tout-Paris, le Tout-New York, le Tout-Nomenklatura, le Tout-First combine and co inabordables, comme toujours, avec dans le fond de la glotte et du soubassement (tu vois c' que j' veux dire...) une d�sesp�rance � ne pouvoir se faire aborder vraiment, comme toi et moi, avec l'eau � la bouche et le sentiment � la ceinture Les fables ne seront plus de La Fontaine ; elles s'illustreront comme tu voudras, dans l'�cran blas� de ta t�l�preneuse, de ta t�l�penseuse et puis pensante, alors que le loup se fera les ongles dans le supermarch� de la trouille et du plastique enfin nucl�aris�... Ouais ! La guenille remplacera le smoking, comme �a tu seras seul, avec quelques autres quand m�me et enguenill�s comme toi, au gala de l'Op�ra, avec, au pupitre, la Mis�re, en vison m�ch� Le prox�n�te fera travailler les ordures. Les ordures feront travailler les prox�n�tes. Et tout rentrera dans le rang, sur les Champs-�lys�es, quand les chars d'assaut descendront leur nostalgie en tirant de pr�f�rence sur les ordures et sur les prox�n�tes Les ma�ons seront � l'aise dans leur qu'en-dira-ton de ciment arm�, bien arm�, parmi les mimosas de l'hiver c�te d'azur des fois que le promoteur de service n'aura pas fait le n�cessaire et l'habituelle connerie de commander avant de recevoir et c'est lui qui partira les jambes en l'air comme pour mieux gratter le ciel de ces niouviork un peu trop d�bordant... �a t'apprendra � promouvoir, toi tranquillement tanqu� dans ta villa for me alors que ces gosses n'en font qu'� leur faim et � leur mis�re, porca miseria ! Les fleuves descendront de leurs mississippiques pr�tentions et voudront se pr�senter au glas de l'Union des Rivi�res et du Plasma souterrain et de la Biologie contemporaine ! C'est � celui qui descendra le premier ces niagaras de la d�fection et du d�couragement Les fleuves, bien s�r, ne seront pas l�... Je plaisante... Partis, oui, partis vers d'autres r�ves de continents. Ils mouilleront de fid�lit�, eux, de fid�lit� � notre vue per�ante et fraternelle. Ils ne seront plus l� pour nous �viter la honte de ne pas les reconna�tre Alors les saumons remonteront leurs anciens amis avec des b�quilles et ils mourront sans faire, ils repartiront peut-�tre sur des planches � billets � la retraite et recycl�s dans la glissade d�sesp�r�e des demeur�s politiques et incompris Les Pr�sidents ? Il n'y en aura plus, pourquoi ? Parce qu'on les aura tous descendus en vrac ou en dentelle. Alors le monde ira sans Pr�sidents, jamais plus ! On rencontrera un ancien pr�sident en lui disant : Alors, Cher Pr�sident... Et il se tirera vite vite fait en vous priant de croire en son identit� perdue Moi ? Mais je ne suis pas l�... Pr�sident ? Vous voulez rire, non ? Et le courage l'�touffera Les domestiques seront � la table d'honneur... � c�t� de... Ils pr�sideront... Et leurs anciennes employeuses leur lisseront le chinchilla en prenant des pr�cautions de m�nopause, le sang coulant dans la m�moire de leur fourchette Les femmes mod�les tiendront Van Gogh par la main et lui panseront l'oreille en all�e en se disant : � Si j'�tais une pute, il me dessinerait et je lui ferais �couter de la musique, et il me mettrait son oreille dans ma main, et je pourrais la lui rendre... � Mais Van Gogh, m�me en l'an 10 000, ne sera pas encore connu. Il cr�vera � l'envers ou � l'endroit, �a d�pendra des fuseaux horaires et de mc2 Les salopes ne seront plus salopes car elles seront toutes crev�es. Du moins, nous l'esp�rons bougrement, tout en le proph�tisant Les morales b�tardes ne devront rien � personne car elles passeront inaper�ues dans les rues Toujours �a de gagn� ! L�nine prendra le train une derni�re fois avant de descendre d�finitivement de ses affiches et ira � Odessa pour acheter un bateau de 1905 que lui refilera un metteur en page nomm� Potemkine Les donations se feront d�sormais entre morts, comme �a, au moins, �a �vitera des mis�res et du temps au Code Civil qui s'en ira � la p�che chez son ami le Code P�nal Lundi c'est mardi et puis ce sera aussi jeudi et l'autre semaine du dernier dimanche avant les avatars de l'histoire ancienne et de la M�re Sorbonne lundi ce sera le jour de l'amour mardi l'anarchie mercredi la tendresse pas trop parce que c'est souvent la merde aussi jeudi le sourire vendredi la paix samedi j' te fous mon billet et dimanche on mangera avec Chaplin Le five o'clock se prendra � Tokyo dans le juste fuseau, hier par exemple, avec du corton 64 dans le syst�me D et puis du transistor pour ces dames, juste avant que s'�teigne le dernier n�on de la derni�re fleur fan�e de seize piges Les nSuds plut�t marins se d�feront avec ivresse et les bateaux mouillant au port se tireront avec Apollinaire � un soir de demi-brume � Londres � Le cri sera celui de la femme, uniquement de la femme, quand elle joue � la marelle avec l'abominable besoin de vendre son torrent de glyc�rine, m�me pour rien Les balais s'ajusteront bien, immobiles, regardant filer les saloperies quotidiennes, sous l'Sil du syndicat de la paille fid�le, l'Sil abstrait mais ouvert sur l'ordure et les bienfaits du repos et de l'�cologie contemporaine L'anonyme se trouvera facilement. On le verra courir, les yeux rougis par un chagrin d'identit� Les pancartes diront o� il faut aller : Seul, planant comme un aigle lissant l'azur pendant que le charter, � c�t�, r�activera ses omoplates L'encyclop�die sera transsexuelle Les logarithmes lanceront un d�fi aux machines � calculer Les machines � calculer se tromperont et � deux et deux feront peut-�tre cinq � comme disait Dosto�evski et �a sera charmant Les balles tir�es sur toi s'arr�teront devant toi et la deuxi�me fois elles se feront un devoir de boomerang et tu seras le chef Le brouillard descendra sur la b�tise Les mandolines joueront le Concerto pour violon et orchestre de B�la Bart�k et B�la se fera enterrer une deuxi�me fois � New York en 1945 et ses amis paieront la casse Le p�trole ? Qu'est-ce que c'est ? Les serrures seront interdites comme �tait interdite l'h�ro�ne au Moyen �ge et pour planquer ta marie-jeanne tu n'auras plus qu'� la sortir � la 1925, les cheveux � la gar�onne et le gar�on dans l'entrepont Les banques �changeront quelques coups d'Sil, quelques id�es subversives, enfin ! et diront � Emmanuel Kant de se taper une fille au lieu de se masturber, chaque vendredi, au pied du m�me arbre. Elles lui placeront, s'il le d�sire, La Critique de la raison mandragore... Quant � la puret�, il pourra toujours aller � son arbre... Les portes s'entreb�illeront � cause de l'ennui et mettront leur main devant la bouche pour ne pas g�ner les populations. La porte de 68 mettra son poing devant la bouche... �a lui rappellera de bons souvenirs L'�nigme proposera une �mission � la t�l� : � Dis-moi qui tu aimes et je te dirai pourquoi t'es con ! � Les crustac�s prendront leur temps pour s'accrocher � un espoir perdu... On leur jouera de la musique dod�CACOphonique, bien entendu ! Mille se verra comme une tonne de bon sens, enfin, et quand un camion de 35 tonnes le doublera sur l'autoroute, il pourra toujours lui envoyer des oranges... Mille, peut-�tre... Les pickpockets s'habitueront � aller sans poches, comme les croupiers. Ils piqueront par contumace Le laboureur imaginera La cassation, ce sera un devoir de vertueuse connivence avec l'Suf frais dans les mains de ta petite fille de dix mois Le casse ? Ce sera un devoir de d�cadente proc�dure avec les cacahu�tes quand il pleuvra des dollars-or La critique sera une transsexuelle qui couchera avec le critique du Figaro un soir de noce... Les exploit�s polonais seront des exploitants de leurs exploits polonais et les exploitants seront toujours les exploitants des exploits polonais... Et si t'as pas compris, tu pourras toujours aller voir L�nine � Odessa chez l'armateur Liquider sera un verbe simple, premi�re conjugaison, avec un seul temps : IMP�RATIF PR�SENT Les livres ne se liront plus... Ils se mangeront entre eux � la table des mati�res Les inscriptions ne seront plus que baln�aires : CI-G�T L'IMAGINAIRE IL S'EST NOY�... IL �TAIT NU PRIEZ POUR EUX !
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