Le Cygne

Album cover art for "Le Cygne" by Léo Ferré

Léo Ferré - Pop

Le Cygne

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Duration: 8:18

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Lyrics

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� Victor Hugo I Andromaque, je pense � vous ! Ce petit fleuve Pauvre et triste miroir o� jadis resplendit L'immense majest� de vos douleurs de veuve Ce Simo�s menteur qui par vos pleurs grandit A f�cond� soudain ma m�moire fertile Comme je traversais le nouveau Carrousel Le vieux Paris n'est plus (la forme d'une ville Change plus vite, h�las ! que le cSur d'un mortel) ; Je ne vois qu'en esprit tout ce camp de baraques Ces tas de chapiteaux �bauch�s et de f�ts Les herbes, les gros blocs verdis par l'eau des flaques Et, brillant aux carreaux, le bric-�-brac confus L� s'�talait jadis une m�nagerie ; L� je vis un matin, � l'heure o� sous les cieux Clairs et froids le Travail s'�veille, o� la voirie Pousse un sombre ouragan dans l'air silencieux Un cygne qui s'�tait �vad� de sa cage Et, de ses pieds palm�s frottant le pav� sec Sur le sol raboteux tra�nait son blanc plumage Pr�s d'un ruisseau sans eau la b�te ouvrant le bec Baignait nerveusement ses ailes dans la poudre Et disait, le cSur plein de son beau lac natal : � Eau, quand donc pleuvras-tu ? quand tonneras-tu, foudre ? � Je vois ce malheureux, mythe �trange et fatal Vers le ciel quelquefois, comme l'homme d'Ovide Vers le ciel ironique et cruellement bleu Sur son cou convulsif tendant sa t�te avide Comme s'il adressait des reproches � Dieu ! II Paris change ! mais rien dans ma m�lancolie N'a boug� ! palais neufs, �chafaudages, blocs Vieux faubourgs, tout pour moi devient all�gorie Et mes chers souvenirs sont plus lourds que des rocs Aussi devant ce Louvre une image m'opprime : Je pense � mon grand cygne, avec ses gestes fous Comme les exil�s, ridicule et sublime Et rong� d'un d�sir sans tr�ve ! et puis � vous Andromaque, des bras d'un grand �poux tomb�e Vil b�tail, sous la main du superbe Pyrrhus Aupr�s d'un tombeau vide en extase courb�e ; Veuve d'Hector, h�las ! et femme d'H�l�nus ! Je pense � la n�gresse, amaigrie et phtisique Pi�tinant dans la boue, et cherchant, l'Sil hagard Les cocotiers absents de la superbe Afrique Derri�re la muraille immense du brouillard ; � quiconque a perdu ce qui ne se retrouve Jamais ! jamais ! � ceux qui s'abreuvent de pleurs Et t�tent la Douleur comme une bonne louve ! Aux maigres orphelins s�chant comme des fleurs ! Ainsi dans la for�t o� mon esprit s'exile Un vieux Souvenir sonne � plein souffle du cor ! Je pense aux matelots oubli�s dans une �le Aux captifs, aux vaincus !& � bien d'autres encor !

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